Comment se transmet le syndrome Treacher-Collins?

Le syndrome de Treacher-Collins est dû à des mutations des gènes TCOF1, POLR1C ou POLR1D, qui sont situés respectivement sur les chromosomes 5, 6 et 13 (voir « À quoi est-il dû ?»).

Dans 40 % des cas, sa transmission se fait de façon autosomique dominante (voir dessins ci dessous).

Le terme « autosomique » signifie que le gène en cause n’est pas situé sur un des chromosomes sexuels (les chromosomes X ou Y), mais sur l’un des 22 autres chromosomes, appelés « autosomes ».

La maladie peut donc apparaître aussi bien chez un garçon que chez une fille.

Chaque personne possède deux exemplaires de chaque gène, l’un provenant de son père, l’autre de sa mère.

Le terme « dominant » signifie qu’il suffit qu’un seul des deux exemplaires du gène soit porteur de la mutation pour que la maladie se manifeste. La personne malade risque de transmettre le gène altéré à ses enfants : à chaque conception, le risque de transmettre le gène muté est de un sur deux.

Cependant, même au sein d’une même famille, la sévérité des manifestations est très variable d’une personne à l’autre. Il peut arriver qu’une personne porteuse de la mutation n’ait aucune manifestation (asymptomatique), mais elle risque néanmoins de transmettre la mutation à sa descendance, la maladie apparaissant alors « sauter une génération » (on parle de transmission autosomique dominante à expressivité variable).

Dans 60 % des cas, la mutation à l’origine du syndrome est survenue accidentellement au cours de la formation de certaines cellules reproductrices de l’un ou l’autre des parents (ovules ou spermatozoïdes) : la mutation est nouvelle dans la famille (mutation « de novo » ou néomutation). L’enfant est alors le premier malade identifié dans la famille. Si lui-même a par la suite des enfants, le risque de transmettre la maladie est le même que celui décrit ci-dessus, c’est-à-dire 50 %.

Très rarement, la transmission peut se faire de façon autosomique récessive pour les mutations POLR1C.

Le terme « autosomique » signifie que le gène en cause dans la maladie n’est pas situé sur les chromosomes sexuels (les chromosomes X et Y), mais sur l’un des autres chromosomes, appelés « autosomes ».

La maladie peut donc apparaître aussi bien chez un garçon que chez une fille. Le terme « récessif » signifie que les deux copies du gène doivent être altérées pour que la maladie apparaisse : seuls les enfants ayant reçu le gène POLR1C muté à la fois de leur père et de leur mère (homozygotes) sont atteints.

Quels sont les risques pour les autres membres de la famille ?

En cas de mutation nouvelle, ce qui est le plus fréquent au cours du syndrome de TreacherCollins, les parents n’ont pas plus de risque que quiconque d’avoir à nouveau un enfant atteint de la maladie.

Les frères et sœurs de l’enfant malade n’ont pas plus de risque d’être atteints.

Dans le cas d’une transmission autosomique dominante, le risque est de un sur deux à chaque grossesse.

Ainsi les frères et sœurs d’une personne atteinte ont un risque sur deux d’être porteurs du gène muté, mais ils peuvent n’avoir que très peu, voire aucune des manifestations de la maladie. Dans le cas très rare d’une transmission autosomique récessive, lorsque les deux parents sont porteurs de la mutation, le risque qu’ils aient un enfant atteint est de un sur quatre à chaque grossesse.

Un adulte atteint de la maladie transmet à tous ses enfants une copie anormale du gène, responsable du déficit. Mais ses enfants ne seront malades que s’ils ont reçu une autre copie anormale du gène, de leur autre parent. Cette situation survient rarement en pratique, sauf en cas de mariage dans la même famille (consanguin).

Peut-on faire un diagnostic prénatal ?

Si un couple a déjà eu un enfant atteint du syndrome de Treacher-Collins ou si l’un des parents est atteint, et que l’anomalie génétique incriminée a été identifiée, un diagnostic prénatal (DPN) est possible. Son but est de déterminer, au cours de la grossesse, si l’enfant à naître est atteint ou non de la maladie. Il est réalisé après que les parents aient consulté un généticien et après avis d’un comité pluridisciplinaire, au sein d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Pour faire le DPN, aucun prélèvement n’est réalisé directement sur le fœtus. L’anomalie génétique est recherchée soit dans les cellules du futur placenta, à l’aide d’un prélèvement de villosités choriales (ou biopsie de trophoblaste), soit dans les cellules flottant dans le liquide qui entoure le fœtus (liquide amniotique), par un prélèvement appelé amniocentèse. Ces examens sont réalisés par un obstétricien, qui s’aide de l’échographie pour guider son geste. Ils entraînent un faible risque de fausse couche, différent selon le choix de la technique de prélèvement, dont le généticien discute avec le couple au cours de la consultation préalable au diagnostic prénatal. Le résultat est connu en une ou deux semaines. Le conseil génétique est complexe car la sévérité des manifestations de la maladie varie énormément d’une personne à une autre, même au sein de la même famille. Si une anomalie génétique du syndrome de Treacher-Collins est identifiée, une échographie est réalisée pour rechercher des malformations. Si après avis d’experts, les malformations apparaissent sévères, une interruption médicale de grossesse peut être dans certains cas envisagée, si les parents le souhaitent.

Peut-on faire un diagnostic pré-implantatoire ?

Un diagnostic préimplantatoire (DPI) est en théorie possible si l’anomalie génétique a été identifiée dans la famille. En France, le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est encadré par la même loi de bioéthique que le DPN, et, pour chaque couple, la décision est toujours prise, au cas par cas, en réunion pluridisciplinaire. Le DPI consiste à rechercher l’anomalie génétique responsable de la maladie sur des embryons obtenus par fécondation in vitro. Les embryons qui n’ont pas l’anomalie génétique sont ensuite sélectionnés pour être implantés dans l’utérus. Cette technique évite aux parents d’avoir recours à un diagnostic prénatal, suivi éventuellement d’une interruption médicale de grossesse. Cependant, elle est très contraignante et ne peut être réalisée que dans un très petit nombre de centres spécifiquement autorisés à cet effet (pour en savoir plus, voir la brochure « Le diagnostic pré-implantatoire et vous », réalisée par l’Agence de la biomédecine). Il est extrêmement important que les parents qui souhaitent avoir recours au DPN ou au DPI puissent discuter à plusieurs reprises avec une équipe de spécialistes afin de préciser leur demande exacte, de mesurer la gravité de la maladie dans la famille et d’être informés sur les avancées de prise en charge des enfants atteints de ce syndrome.